Humaniste, écologiste et pro arme nucléaire, cherchez l’erreur!!!


Suite à un tweet de Djordje Kuzmanovic s’extasiant devant l’avion Rafale “meilleur avion de combat au monde”, le conseiller défense de Mélenchon et membre du bureau national du Front de Gauche s’est engagé dans une discussion sur twitter pour défendre sa position souverainiste et pro arme nucléaire. C’est l’occasion de réitérer l’absolue nécessité de s’engager pour l’interdiction définitive des armes nucléaires et de sortir la France de la propagande gaullienne pro nucléaire.

La dissuasion nucléaire donne à la France le poids politique nécessaire pour parler comme la France doit parler” Jean-Yves Le Drian - 2012

Faire partie des grands

Ainsi, faire partie des grands pays serait lié à la possession de l’arme nucléaire. Comme si l’immense majorité des pays du monde qui n’ont pas l’arme nucléaire seraient forcément une sous classe mondiale. Comme si avoir la capacité de commettre un crime de guerre, tuant des millions de civils en un seul tir, nous plaçait dans l’aristocratie des pays dirigeants le monde.

Dissuasion nucléaire ou crime de guerre massif prémédité

La rhétorique des pro-armes nucléaires est basée sur le fait que c’est une arme dissuasive. Grâce à cette arme, nul n’oserait attaquer la France sous peine de représailles. Quelles seraient ces représailles ? Un tir d’une bombe nucléaire sur une ville, notamment sur une capitale, la rayant instantanément de la carte, la ville, ses habitants ainsi que tout être vivant. Autrement dit des millions de civils, femmes, hommes, enfants, vieillards serait génocidés. Tout le monde semble s’accomoder avec cette idée. Tuer des civils en masse pour faire plier un gouvernement hostile c’est normal entre gens civilisés…


Conférence internationale, insuffisant

Pour se donner bonne conscience, certains comme Djordje Kuzmanovic appellent à une conférence internationale pour la réduction de l’armement nucléaire. De ce fait, ils ne remettent pas en cause l'existence même de telles armes et leurs utilités.

Fin du mythe très coûteux de la dissuasion

Arguant que si les autres en ont, la France doit en avoir pour se protéger, les tenants de l’arme nucléaire refusent l’évidence. Entretenir de nos jours une force de frappe nucléaire est non seulement très coûteux mais ne sert à rien. Le maintien de la force de dissuasion coûte au budget de la France entre 3,5 et 4 milliards d’€uros par an. Afin d’assurer sa nécessaire modernisation, un effort supplémentaire est demandé par les militaires à la Nation de l’ordre de 6 milliards d’euro par an soit près de 60% d’augmentation.

300 têtes nucléaires

La France compte aujourd’hui un peu moins de 300 têtes nucléaires. Chaque missile balistique peut contenir 6 têtes et chaque tête peut à elle seule détruire un ville comme Paris et tuer tous ses habitants. Après la frappe, la contamination serait aussi diffusée sur un large périmètre et continuerait à tuer pendant des décennies sans compter les diverses malformations génétiques qui se transmettraient à travers les générations. Ainsi, nous peuple français serions les complices d’un crime contre l’humanité transgénérationnel. Qui aujourd’hui peut encore cautionner cela ?


Développement de l'armement d’interception

En fait, notre dissuasion serait bien plus efficace et utile si les pays hostiles savaient que nous pourrions intercepter leurs tirs et le cas échéant paralyser leur base de lancement. Investir dans le développement d’armements d’interception, de boucliers antimissiles et de capacité prise de contrôle/brouillage des missiles serait une protection plus intelligente que simplement une hypothétique loi du talion inapplicable utilisée en représailles contre la population civile.


Un désarmement unilatéral impossible ?

Faire croire que la France serait contrainte de posséder une force de dissuasion de part la situation internationale est une malhonnêteté intellectuelle. Il n’y a que quelques rares pays qui possède l’arme nucléaire. L’immense majorité y compris des pays développés n’en ont pas et ne souhaitent pas en avoir. Il n’y a donc aucune raison objective pour que la France maintienne un arsenal nucléaire mis à part de se fantasmer comme grande puissance grâce à cette force de frappe. C’est un héritage Gaullien ridicule. D’un côté des armes nucléaires, de l’autre une armée avec un équipement hors d’âge jusqu’à la rendre quasi inopérante sur les terrains d’intervention.

Obsolescence d’un modèle issus de la guerre froide

Même sans bombe atomique un pays peut causer des dégâts colossaux et cataclysmiques.  En frappant des centrales nucléaires avec un armement conventionnel, la destruction serait largement aussi massive voire plus qu’avec une bombe nucléaire.

Maintenir une force de dissuasion ne sert donc à rien contre les pays qui ont des centrales nucléaires. Ils sont de fait fragilisés et connaissent très bien leur talon d'Achille. L’explosion d’une seule centrale nucléaire contaminerait un vaste territoire et les priverait d’une énergie électrique indispensable au fonctionnement de leur économie. Le désordre  occasionné et l’effroie de la population serait fatal au pays belligérant.

De plus, même sans bombe nucléaire, une armée pourraient fomenter des attaques radio-actives  contre la population en faisant exploser dans des villes des bombes sales contenant des déchets radioactifs. C’est d’ailleurs là une menace bien plus crédible qui pourrait bien un jour ou l’autre arriver à cause d’une prolifération non-contrôlé et la propension de nos jours aux terrorismes nihilistes et suicidaires.


Le mythe à l’épreuve des faits

Ainsi, l’équilibre des forces durant la guerre froide aurait sauvé le monde d’une troisième guerre mondiale qui aurait anéanti le monde. Grâce à l’arme nucléaire, les grandes puissances ne se seraient fait la guerre que par pays interposés ne causant finalement que des dégâts limités. Dégâts limités qu’ils faut quand même relativiser Corée du Nord, Vietnam, Afghanistan ainsi que toutes les guerres de décolonisation et leurs répliques qui ont perduré jusqu’à nos jours ont causé tout de même des millions de morts.

De nos jours, les antagonismes entre les grandes puissances ne sont plus basés sur un modèle de société (marxiste / capitaliste) mais bien plus classiquement sur une domination économique et territoriale. Les matières premières et en première place les combustibles fossiles sont les enjeux de luttes géostratégiques afin de préserver l’accès à ces ressources. Les menaces imminentes ne sont plus des guerre entre États mais plutôt par groupuscules fanatisés interposés.

Cyber-attaque

Une autre guerre bien moins visible mais au final qui sera bien plus déterminante c’est la cyber-guerre. Les virus informatiques peuvent paralyser toute une économie en détruisant le pilotage des outils de production, les communications, les transactions bancaires, etc.



Pour un désarmement nucléaire unilatéral de la France et pour une résolution de l’ONU interdisant l’arme nucléaire

En savoir plus :

Dissuasion nucléaire : Tout sur la bombe en 16 questions

© MARINE NATIONALE

Elle coûte près de 4 milliards d'euros par an. Une seule de ses têtes nucléaires (il peut y en avoir six par missile balistique) peut détruire une ville comme Paris. Voici 16 questions sur la dissuasion nucléaire française. 16 éléments de réponse puisés dans le très instructif livre "Le Président et la bombe" de Jean Guisnel et Bruno Tertrais (*).

1- Quand ?
La première bombe atomique française explose dans le désert du Sahara le 13 février 1960 (essai baptisé "Gerboise bleue"). Sa puissance équivalait à trois fois celle d'Hiroshima. Les (209) essais suivants seront essentiellement atmosphériques jusqu'en 1974, puis souterrains jusqu'en 1996. Les essais sont désormais simulés et modélisés numériquement.
2- Pourquoi se doter de la bombe ?
C'était une manière "d'effacer la défaite de 1940", et donc d'empêcher une nouvelle invasion, et de garantir à la France le même statut que ses alliés. "Elle nous donne un accès direct à la table des supergrands", plaidait Charles de Gaulle. Et permet de peser dans les négociations internationales. "C'est un formidable levier diplomatique", confirme encore aujourd'hui un conseiller présidentiel.
A l'époque du choix, seuls les Etats-Unis (1945), l'URSS (1949) et la Grande-Bretagne (1952) disposent de cette arme. La Chine l'obtiendra en 1964. Les Etats-Unis voulaient installer leurs missiles sur le sol français, sans que la France ait son mot à dire sur l'opportunité d'un tir et ses objectifs. La crainte des Français : que l'Europe ne devienne le champ de bataille nucléaire des Américains et des Soviétiques.

3- Combien ?
La France disposerait actuellement de "moins de 300 têtes nucléaires" (contre plus de 500 au début des années 90). Une partie de ce stock est intégrée aux 48 missiles balistiques (trois lots de 16 missiles pouvant embarquer chacun jusqu'à six têtes nucléaires) destinés à trois des quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) basés à l'Ile Longue, face à Brest.
L'autre partie du stock équipe 54 missiles ASMPA (dont ceux destinés aux essais), répartis entre les Forces aériennes stratégiques (FAS) représentées par deux escadrons (53 avions, dont 22 Rafale biplaces et 31 Mirage 2000 biplaces) situés dans l'est de la France (près de Saint-Dizier, Haute-Marne) et le Sud-Est de la France (près d'Istres, Bouches-du-Rhône), et la Force aéronavale nucléaire (FANu) embarquée sur le porte-avions Charles-de-Gaulle, constituée d'une dizaine de Rafale monoplaces de la base aéronavale de Landivisiau (29).

4- Pourquoi quatre sous-marins ?
C'est le minimum pour garantir qu'au moins un SNLE soit en mer, prêt à tirer en permanence sur ordre présidentiel. Pendant qu'un est à la mer (70 à 90 jours), un 2e est à quai, prêt à prendre le relais ou à partir en renfort en quelques heures ou jours sur ordre du président (dans les années 1982). Le 3e est en arrêt technique (IE, indisponibilité pour entretien) pour un mois. Et le 4e est désarmé, car en indisponibilité périodique (tous les dix ans pour une durée de 2,5 ans) pour entretiens et réparations (Iper ou "arrêt technique majeur" ou "grand carénage").

5- Pourquoi des avions et des sous-marins ?
Deux arguments valent mieux qu'un. Cette paire renforce la crédibilité et la sécurité de la dissuasion (en cas de simultanéité de plusieurs crises; parade aux éventuelles évolutions technologiques de défense…). Elles sont également complémentaires. Les sous-marins représentent une puissance de feu énorme et sont indétectables. Les forces aériennes sont plus précises, mais leur pouvoir destructeur est plus limité. A l'inverse des sous-marins, les avions sont très visibles et peuvent donc aussi représenter un moyen d'avertissement.

6- Pourquoi autant d'armes nucléaires ?
C'est un choix politique (président), également motivé par des considérations techniques (probabilité d'atteindre les cibles en fonction de la fiabilité des armes et surtout de la défense adverse…).

7- Quelle puissance ?
La tête nucléaire équipant la première version du missile balistique M51 (SNLE) affichait une puissance de 100 kilotonnes (puissance de la nouvelle tête inconnue). Sur le papier, c'est dix fois celle d'Hiroshima. Mais, "pour des raisons de physique, ce serait plutôt deux fois". L'explosion d'une bombe est toujours programmée en altitude, pour maximiser les effets de souffle et de chaleur, et minimiser les retombées radioactives (45% de souffle, 40% de chaleur et 5% à 10% de radioactivité).
Toutes les bombes françaises sont des bombes à hydrogène (H), dont la puissance peut être modulée. Une tête nucléaire de 100 kilotonnes détruirait en grande partie une ville comme Paris et tuerait plusieurs centaines de milliers de personnes.

8- Jusqu'où et en combien de temps ?
Chaque missile M51-1 peut emporter jusqu'à six têtes nucléaires capables d'atteindre des objectifs différents sur une zone de 220 km sur 60 km (13.000 km²).
Le M51-2 (nombre de têtes emportées, plus lourdes et volumineuses, inconnu), qui commence à équiper les SNLE, peut frapper des cibles situées à près de 10.000 km de distance (contre 5.000 km pour un M45), à une vitesse de Match 20 (7 km par seconde). En cas de tir, les confins de l'Asie seraient atteints en près de 30 minutes. En 2020, tous les SNLE seront équipés de M51-2.

9- A quoi ressemble la bombe aujourd'hui ?
Le cœur est constitué de quelques kilos de plutonium sculptés en demi-coquilles et entourés d'une gaine. Le tout a la taille d'une pastèque (ou d'un ballon de handball) et est destiné à former le noyau de l'amorce (détonateur). Ce cœur est enfermé dans un sarcophage scellé et confié aux armées. Il est ensuite assemblé aux vecteurs (missiles) sur les bases aériennes nucléaires, et sur l'Ile Longue, où se situe la base des Sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE), face à Brest. La durée de vie d'une arme est estimée à 25 ans. Elle est ensuite démontée, expertisée. Le plutonium est récupéré, nettoyé, traité et refondu.

10- La bombe peut-elle exploser accidentellement ?
Toutes les armes sont équipées d'un Boîtier de contrôle gouvernemental (BCG) nécessitant le double code présidentiel. Toutes les séquences d'activation des armes et de tir sont contrôlées. Une explosion nucléaire accidentelle serait "impossible" : la bombe est conçue pour exploser "dans des conditions physiques très précises". En revanche, le risque zéro n'existe pas pour d'autres types d'accident : dispersion d'éléments radioactifs, accident sur un réacteur nucléaire de sous-marin…

11- Et la sécurité des sites nucléaires ?
La sécurité des sites nucléaires, qui fait aussi partie de la dissuasion, ferait l'objet "d'une surveillance et d'une protection redoutables", selon les auteurs du livre. Selon eux, la dernière incursion à l'Ile Longue (SNLE) remonterait "au début des années 80", lors d'un exercice mené par des nageurs de combat de la DGSE.

12- Quelles cibles ?
Pendant la Guerre froide, les cibles des missiles français étaient les grandes villes russes. Depuis 1998, les coordonnées des cibles ne sont plus pré-enregistrées en permanence dans les missiles. Auparavant, les frappes prévues étaient massives. Ainsi, un SNLE, détectable lors de sa phase de tir et donc susceptible d'être détruit, devait tirer ses 16 missiles en une seule fois. Ce n'est plus le cas aujourd'hui (il peut donc ne tirer qu'un seul missile si besoin).
Aujourd'hui, le président de la République délivre des directives au Chef d'état-major des armées (CEMA). Il propose en retour des cibles que le président valide ou pas, par écrit.
La dissuasion vise toute puissance possédant des armes de destruction massive menaçant les intérêts vitaux de la France. Tout adversaire sait ainsi qu'il s'expose à "des dommages inacceptables" : a minima, destruction de ses centres de pouvoir, économiques, politiques et militaires. Un "ultime avertissement" peut être adressé : une éventuelle frappe limitée (dans un endroit désert/puissance limitée/à haute altitude, de manière à neutraliser tous les circuits électroniques en surface).
Quels sont les intérêts vitaux de la France ? La définition est floue (identité, existence et souveraineté étatiques) "pour éviter qu'un adversaire ne soit en mesure de calculer le risque inhérent à son agression, et aussi par ce que cette notion peut évoluer en fonction des circonstances. Cela offre une marge de manœuvre et de liberté au président.
La France pourrait-elle frapper Daesh ? Non, mais la décision n'est pas fermée. Notamment si le groupe terroriste devait se constituer en Etat et était doté d'armes de destruction massive.

13- Comment un tir serait-il déclenché ?
Sur ordre présidentiel. Celui-ci parvient aux armées de manière sécurisée (code et authentification signature écrite, signature visuelle et vocale; cryptage) et diversifiée (sept moyens de transmission différents pour l'ancien plateau d'Albion qui accueillait les missiles sol-sol). Quand l'ordre est délivré, aucun retour en arrière n'est possible. Dans un sous-marin, le commandant et son adjoint déclenchent simultanément et séparément le tir. Dans les avions biplaces des FAS, le co-pilote reçoit le code et déverrouille les armes, et le pilote peut alors tirer (procédure différente pour les avions monoplaces de la FANu). Pour les sous-marins, le président ne sait pas où se trouve le SNLE et le commandant du bâtiment ignore les cibles de ses missiles.

14- Qui a le code ?
Le président de la République porte un fragment du code. Celui-ci serait une formule mathématique ou un code alphanumérique contenu pendant longtemps dans un médaillon attaché à une chaîne en or. Celui-ci serait aujourd'hui différent. En cas de perte, cet objet ne serait pas identifiable, et resterait incompréhensible et inutilisable. Sa perte n'aurait aucune conséquence sur la dissuasion.
L'autre fragment de code est détenu par un militaire de l'entourage présidentiel. Les codes peuvent être transmis à tout moment via la mallette noire que transporte l'aide de camp qui accompagne le président. D'autres personnages de l'Etat pourraient eux aussi se les voir remettre si le président se trouvait empêché (Premier ministre et ministre de la Défense; ministre des Affaires étrangères et de l'Intérieur également évoqués). Une autre personne désignée par le président, en province, disposerait également du code. Même si le chef de l'Etat, ou sa famille, étaient pris en otages, le système pourrait fonctionner.

15- Quel coût ?
La dissuasion coûte, entre 2014 et 2019, près de 3,88 milliards d'euros par an. Cela représente 50€ à 60€ par an et par Français (4€ à 5€ par mois), ou moins de 200€ par an et par foyer fiscal imposé. Ce coût devrait cependant atteindre un pic de 6 milliards d'euros en 2025 (renouvellement des équipements).

16- Se passer de la dissuasion ?
Hormis les risques militaires et diplomatiques (perte d'influence et de crédibilité), les auteurs soulignent les risques technologiques et économiques : un euro investi dans le nucléaire générerait plus d'un euro dans l'économie. Par ailleurs, un démantèlement serait "long et extrêmement coûteux".
Enfin, la dissuasion nourrit bien d'autres secteurs d'activités, notamment technologiques : spatial (Ariane aurait par exemple coûté beaucoup plus cher), aéronautique, astrophysique, climatologie, recherche médicale, électronique de défense, télécommunications, informatique, nucléaire civil, métallurgie des coques, laser, observation satellitaire, optique de précision (…).
Sans dissuasion, l'armée française n'aurait pas la dimension qu'elle a aujourd'hui (rôle des Sous-marins nucléaires d'attaque SNA, des frégates sous-marines, bâtiments anti-mines, satellites, Rafale et capacités de raids aériens longue distance…).
La filière du missile M51 fait appel à elle seule à plus de 450 industriels (800 PME). La recherche nucléaire militaire induirait dans l'industrie entre 10.000 et 20.000 emplois.

16 - Se passer de la dissuasion contre argumentation

Sur ce dernier point, nous sommes en désaccord. La perte d'influence diplomatique et militaire c'est avant tout le pouvoir économique mais aussi l'impossibilité budgétaire de maintenir une force d'action avec du matériel moderne et en état. Pas ou peu de drone, pas de dispositif anti missile performant, etc.

Le nucléaire nourrit bien d'autre activité comme n'importe qu'elle industrie et recherche de pointe. Un dispositif anti-missile le fait tout autant. Le fait qu'il y ait une bombe atomique dans une tête de missile ne change rien. La fusée Ariane a apporté autant en connaissance pour la bombe française que l'inverse.

Sans la dissuasion l'armée française n'aurait pas la dimension qu'elle a aujourd'hui. Elle en aurait certainement une toute autre car 4 milliards par an à investir dans la recherche et le renouvellement de l'équipement c'est considérable.

La fin de la dissuasion n'implique pas la fin des missiles donc la majorité des sous traitant continuerait leur partenariat.

Conclusion

On le voit, à chaque argument pour la dissuasion on peut facilement opposer un contre argument tout aussi valable. Il ne reste donc qu'à savoir si la France et les français sont prêt à commettre un crime contre l'humanité irréversible avec des impacts écologiques sur plusieurs décennies voire siècles.

Au-delà du coût exorbitant du maintien d'une arme faite pour ne pas s'en servir, c'est une question existentielle pour notre société qui est posée. 

D'un coté, lutter contre la prolifération nucléaire. De l'autre se réserver le privilège d'avoir un arsenal ce qui incite les autres nations à vouloir absolument en détenir un également. Nous sommes donc pleinement compromis dans cette prolifération.

D'un coté, plaider pour la transition écologique, investir des sommes considérables dans la COP21 et la lutte contre le changement climatique. De l'autre, envisager comme possible une riposte nucléaire qui aurait des conséquences catastrophiques à l'échelle mondiale d'un point de vue écologique.

D'un coté, défendre les droits de l'homme et dénoncer la barbarie dans les tribunaux internationaux. De l'autre, se mettre en situation de perpétrer l'un des plus abominables crime de guerre contre des civils qui n'ait jamais exister.

Cette dichotomie n'est plus tenable. La propagande militaro-industrielle pro dissuasion ne doit plus nous contraindre à des choix irrationnels qui vont à l'encontre de nos valeurs et de nos intérêts.




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